De Cuenca à Ronda
De Cuenca nous avons tiré plein sud, pas tout à fait par les routes les plus faciles, fidèle à mes habitudes, nous avons cherché les petites routes blanches sur la carte, celles qui sillonnent et tournicotent dans les montagnes, remontant des cours d’eau secrets, passant par des forêts enchantées, des cols qui offrent des vues panoramiques sur tous les environs, celles où les supermarchés sont encore plus rares que les villages. Ce n'est pas une diagonale certes, mais c’est bel et bien un itinéraire du vide. Enfin… du vide d’humains, parce qu’on y voit écureuils, renards, bouquetins, chevreuils. Quatre gros gorets sauvages sont passés à 2 mètres de ma tente alors qu’il ne faisait même pas encore sombre.
Pour une longue journée ensuite, nous n’avons eu que lignes droites. Le soir, en traçant au stylo sur ma carte papier l’étape du jour, j’ai eu l’impression qu’on avait traversé la moitié du pays d’un seul coup. C’était des céréales ondulant dans la brise, des coquelicots, des vignes, des vergers. Et des gros entrepôts de négociants d’engrais et autres produits nocifs…
Le jour d’après, Deena part 15 minutes avant moi pour “ prendre de l’avance” mais une fois sortie du bois où nous étions planquées, elle est partie dans le mauvais sens, ne s’en rendant compte que quelques dizaines de kilomètres plus loin. Ce jour là, nous pûmes cependant nous retrouver le soir à la confluence de nos routes, l’une par les montagnes, l’autre par de plus grands axes. Mais le jour suivant encore, après un départ ensemble et un arrêt épicerie au premier village, Deena, repartie une minute devant moi, manque la bifurcation à gauche et file dans un décor qui ne sera pas le mien. Le tendon d’Achille et les orages annoncés font le reste, peu de chances que nous nous retrouvions, ma coéquipière faisant le choix de s'héberger seulement 15 km plus loin. De mon côté, ce seront encore des parcs et des réserves, des forêts de pins dont j’avoue ne pas me lasser, des torrents, des routes sinueuses. À 14 heures, au fond d’un trou, je fais le choix de poursuivre avec mes pleins d’eau. La montée est très rude, la route fermée pour une raison inconnue. Je tente, n’ayant pas vraiment d’alternatives. Plus haut, les 2 employés de la voirie m’aident à passer, mon chargement et moi, les 30 mètres de béton frais sur 20 cm d’épaisseur et toute la largeur de la route, qu'ils viennent d’étaler, tout à la règle et la taloche. C’est pas le moment d’y mettre les pieds et les roues. Passage dans le talus comme on a pu, nous n’étions pas trop de 3. Les nuages arrivent, s’assombrissent, rugissent, puis s’épanchent, comme percés par un glaive. Impossible de m’arrêter, le côteau est un à-pic, la route serpente. Parvenue en haut à 1600 m, je dégote un coin bien correct et m’y installe pour la nuit. Les averses se succèdent, pas violentes, et sans vent. Tout ne va pas si mal. Je fais sécher mes fringues mouillées sur moi dans la soirée.
Le 29 avril, je replie la tente mouillée, passe des reliefs qui me font remonter jusqu’à 1765 m d’où je vois des névés sur les versants environnants. Oui oui, des restes de neige, et pas qu’un, fin avril, à cette altitude aussi faible que la latitude ! Alors que les massifs se chargent déjà de nuages annonciateurs d’orages, je plonge jusqu’à Huescar où je me loge pour la somme modique de 35 euros dans un hostel qui offre l’utilisation d’une cuisine, une machine à laver et séchoir, une terrasse, un petit-déjeuner inclus, une chambre spacieuse et lumineuse avec balcon… J’en profite pour faire le tour de mes affaires, laver, coudre, tout remettre en ordre pour la suite du voyage. Je trouve le temps d’aller faire un tour dans la bourgade. Je suis en Andalousie, et donc les villages ont une “Plaza de toro”, l’arène où ont lieu les corridas…
De Huescar je suis repartie dans une brume humide qui ne donne pas envie de faire du vélo. Le soleil perce enfin alors que je passe à Baza. Après un point bas à 750 m au pied de Seron, je sais que les difficultés vont commencer. Seron est un village typique, blanc, bâti sur la longueur d’un éperon rocheux. J’y fais mes pleins d'eau déjà en prévision du bivouac et attaque la pente par la route de montagne pour être plus tranquille. J’ai eu jusqu’à 18%, autant dire que j’ai aussi fait de la randonnée ! Posée le soir sous une pinède, j’entends l’orage mais il ne viendra pas sur moi.
En poursuivant le lendemain, donc 1er mai, je passe vers des anciennes mines, Las Menas. Anciens baraquements, anciennes installations,quelques explications. Et un point d’eau, où je remplis car vu la couleur du ciel, je ne sais pas si je ferai 5 ou 50 km. Col del Ramal à 1700 m, collado de las Cabanas à 1820 m, crevaison et réparation sur le bord de la route (ça fait 3 semaines que je donne 150 coups de pompe tous les matins avant de partir, ça devient bien finir par arriver), collado de Condé à 1865 m, puis col de Venta Luisa à 1970 m dans un brouillard humide et froid. Plongée sur Gergal et bivouac juste après pour être tout près du désert de Tabernas pour le visiter demain. J’ai à peine terminé de monter ma tente que la première averse se pointe. Chance ! Et alors que je glisse un sac en tissu sur mon matelas, je me retrouve subitement 5 cm plus bas avec une entaille de 10 cm de long dans mon matelas. Heureusement j’ai le nécessaire, j’ai bien suivi la notice et cela fait 7 jours que ça tient sans souci ! C’était le jour des trous et des réparations. Colles et rustines en tous genres.
Le 2 mai, ciel nuageux encore et ça m’enquiquine bien car aujourd'hui c’est rando dans le désert de Tabernas. Demain sera idem, rien ne sert donc d’attendre un jour. J’avais préparé avec soin mon parcours du matin, à vélo, et celui de l’après-midi, à pied. J’ai fait ce qui était prévu, même si pour ce faire, j’ai dû escalader des portails métalliques barrant l’accès à des sites naturels, cadenassés. Les agences doivent avoir les clés, il y avait des traces de bagnoles. Rooohhh ! Bon, je comprends bien pourquoi à cet endroit sont tournés les westerns. Des défilés rocheux, des oasis minuscules, des canyons, des plateaux désertiques, des ravins… Je n’ai pas visité Fort Bravo, village reconstitué, mais l’ai vu de loin, ce qui m’a amplement suffi. La zone est relativement vaste et je n’ai croisé absolument personne ! Ce soir là, trouver un lieu de bivouac fut moins confortable, je me retrouve dans une gorge asséchée et sous une route dont je ne suis pas vue. À 22 h 36, une bagnole s’est arrêtée en haut, quelqu’un a balancé des sacs d’ordures et est reparti, ni vu ni connu… Non, ça ne m’est pas tombé dessus et il y avait large ! Moi qui fais gaffe à ramasser tout y compris mon pq…
3 mai, ciel toujours gris, presque menaçant, dommage, ce serait beau. Un relief de dingue toujours, souvent, j’ai déjà 1000 de d+ dans les cannes avant les 50 km. Le petit village de Fondon, avec sa belle ambiance, me met du baume au cœur, puis le soleil fait son apparition alors que je longe le lac artificiel de Benimar avant de grimper jusqu’au soir pour un bivouac sous les pins. En face, de l’autre côté de la gorge, il y a le village de Murtas et c’est la fête. Fanfare, pétards et feux d’artifices en plein jour ! Mais surtout, derrière Murtas, peu à peu, les nuages se dissipent pour laisser voir la montagne enneigée. Depuis mon bivouac, je vois le point culminant de la Sierra Nevada, le Pico Mulhacen, à 3400 m et des brouettes. Et plus les nuages s’en vont, plus je vois les montagnes et je suis consternée par le fait qu’il y reste autant de neige !
Le lendemain, le soleil est clairement revenu et ça tombe bien, mon itinéraire est en crête avec à gauche la mer 1400 m plus bas, et à droite la Sierra Nevada. Je suis sur la Sierra Contraviesa, good choice ! Trop contente dans le choix de ma trace. Côté mer, de la brume mais aussi des serres sous lesquelles poussent à grands renforts d’engrais Monsanto des tomates insipides qui seront vendues à moins de 2 euros le kilo dans nos supermarchés. Je préfère regarder à droite. A la mi-journée, je débarque à Orgiva, et vu la faune qui peuple le patelin, il porte bien son nom, impressionnant ! Je dois décider si Grenada ou pas et ce sera non, pas envie d’aller dans cette grande ville. Après des bonnes côtes encore, je fais, ce soir là, grincer sévèrement le verrou du portail que j’ouvre pour aller bivouaquer dans les mandariniers et oliviers. Euh oui, il y a des endroits où trouver un coin de forêt est tout bonnement impossible !
J’attends jour après jour de la grosse chaleur et de l’aridité dans le paysage mais il fait frais et le décor donne dans les verts, et du vert vif ! Encore une grosse journée de bosses, dont certaines parties en piste. Enfin….seulement 10 km pour 500 m de d+... Mais qu’est ce que les paysages sont beaux ! Des vallées cultivées de fruitiers ou oliviers, des céréales aussi qui ondulent dans le vent (de face bien sûr), et puis des montagnes rocheuses, des gorges, des lacs et des coquelicots, et des fleurs de toutes sortes dans les talus. Tout est beau, ça flatte la rétine ! Je passe à Alhama de Granada, village blanc, superbe. Après Zafarraya, je dégote un joli coin pour passer la nuit. Il faut préciser que je mets des repères sur ma carto pour les endroits éventuels de bivouac, qui ne sont pas si nombreux. Pour ça je me sers de la carto 1:25000 pour voir si c’est plat et de Google maps en vue satellite pour voir la végétation. Tout un boulot ! Encore une journée à plus de 1500 de d+, c’est le cas tous les jours en ce moment.
Nous voici au 6 mai, encore des villages agréables dans lesquels je me ravitaille, puis je traverse 2 autoroutes, fais 10 km de mauvais chemin avant d’atteindre Antequera par le haut. J’y pose mon vélo au premier troquet, leur confie mes batteries à recharger et pars visiter le bled. Deux heures plus tard je remonte, leur commande une salade et un dessert, récupère mon électronique, passe aux toilettes faire le plein d’eau et de pq, et mets les voiles direction la vallée de Abdalajis histoire de continuer à en prendre plein les yeux, et les guibolles.
Et nous arrivons à aujourd'hui et c’est un grand jour. Nous sommes le 7 mai. Je pars avec le soleil le long de magnifiques lacs artificiels, passe sur trois barrages successifs en moins de 2 kilomètres, arrive à un premier village blanc, Ardales, puis une montagne, puis un second village, El Burgo. Il me faut ensuite monter à 980 m, redescendre un peu, remonter à 1100 m pour basculer vers Ronda. Je m’y pose, j’y loue une chambre pour la nuit, grand jour ! Je vais à la laverie remettre en état toute ma garde robe, grand jour ! Je visite la cité qui a la particularité d’être littéralement coupée en deux par une gorge très profonde qu'un pont enjambe pour accéder au vieux centre historique. Ronda, c’est à voir. La nature alentour est superbe, aux portes du parc national de las nieves. Et grand jour, à partir d’ici, je commence à remonter, j’irai demain un chouille plus à l’ouest, mais surtout nord… avant de tirer une ligne quasi droite entre Olvera et Tudela. Et tant pis pour Arcos De la Frontera. Et j’espère que le vent restera le même pour enfin en profiter !
Avant de partir, j’avais préparé un itinéraire montagneux par crainte d’avoir trop chaud à basse altitude. Le moins que je puisse dire est que je n’aurai pas souffert de la chaleur jusqu’à présent… Et je suis à la fois surprise et comblée de ces paysages d’une diversité riche et colorée et de tout ce vert, dans une contrée que j’imaginais chaude, brûlée par le soleil, aride. Je ne suis toujours pas embêtée par la circulation, les Espagnols étant définitivement courtois et patients au volant avec les cyclos. D’ailleurs je n’ai croisé que 2 véritables cyclos depuis le début du voyage il y a un mois (sans compter Deena).
Je vais encore avoir du relief, certes, la Terre n’est pas plate, mais ça devrait tout de même se calmer, et ce sera bienvenu car je n’ai plus 20 ans !
À bientôt !
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Au sud des Pyrénées
Salut,
On the road again donc !
Jas et Paco m’ont déposée à la gare de Bellegarde en Valserine avec mon vélo vert le 8 avril. Direction Perpignan, en train donc. Pas une minute de retard sur aucun des tronçons. Bellegarde-Lyon-Avignon-Perpignan. Qui a dit que la SNCF ne fonctionnait pas bien ? Échantillon représentatif de la population française dans les trains au fil des gares et des régions ? Perpignan, je débarque enfin et file à l’auberge de jeunesse où j’ai réservé un lit. La soirée est agréable, la nuit bonne, et à 9 heures le lendemain, donc le 9, j’enfourche la bécane et exécute mes premiers tours de pédale. Zéro kilomètre dans les jambes…
Les premiers km sont plats, jusqu’à Argelès-sur-Mer par les petites routes, puis je prends la tangente par la montagne pour aller voir d’en haut comme c’est beau. Les balcons de Madeloc. Col de Mollo, ah oui, mollo mollo, j’ai beaucoup marché en poussant ma monture, col des Gascons, puis un chemin en cailloux pour rejoindre le col de Banyuls. Je me suis arrêtée juste avant car le nombre de carrosseries des bagnoles qui brillaient au soleil m’a fait peur. J’étais bien, cachée dans les bois, vue sur la mer, mais dans la nuit le vent a tourné et est devenu tempétueux, l’arceau de ma tente n’a fait qu’un pli, pété. Et allez, première nuit de bivouac, tente en vrac, j’adore… Le lendemain, en Espagne donc, j’ai trouvé un atelier dans une usine et ai pu réparer l’avarie. Et puis ces premiers jours il a fait très, trop chaud, j’ai sué comme une vache sous le soleil ardent.
Et puis dimanche, j’ai oublié ma cuillère,la préférée de mon tiroir, me suis retrouvée à manger des choses moitié liquides avec mon seul Opinel sous ma tente et sous la flotte par une température frisant le zéro. Bah, je n’étais pas si mal quand même. Dès le lendemain matin, avisant la caserne des pompiers ouverte dans un minuscule village, j’ai pû réparer cet oubli, ils sont allés me chercher une petite cuillère à la salle paroissiale. Grand merci à eux ! Il y a bien un proverbe allemand qui dit “ Mieux vaut pas de cuillère que pas de soupe” mais bon, sans cuillère, c’est pas confort. Puis le beau temps est revenu, j’ai enchaîné les cols, les petites bourgades également, Vic, Manresa, Igualada.
Les villages de la vieille Espagne, architecture défensive en pierres, juchés sur des éperons, sont tous jolis à voir. Je les relie par des routes qui ne figurent même pas sur ma carte d’Espagne au 1/1 000 000 ( 1 cm =10 km), vive les applis ! Je ne vois pas bien des autos et débusquer des endroits pour reposer mon corps chaque soir est aisé dans ces contrées quasi désertes. Je suis venue comme ça, jour après jour, jusqu'à Mora la Nova où j’étais le 15 à 10 h. C’est que j’ai rencard avec une Canadienne, Deena, avec laquelle je vais tenter de passer quelques semaines. Nous nous retrouvons devant le Spar et prenons la route. Elle n’a pas plus d’entraînement que moi, bien que je commence à avoir moins mal aux guibolles et aux fesses. Le terrain s’est montré encore plus montagneux, avec parfois des routes perchées au dessus de précipices impressionnants, avec des églises tout au fond, pas un village en vue, des vagues de forêts , de plans en arrières plans, et des canyons mignons tout plein que Deena a trouvé très “cute”. On en a laissé de la sueur sur le bitume, on en a descendu des litres de flotte, on a vu plein de villages fortifiés, on a croisé des épiceries grandes comme ma chambre qui ferment à midi pour ne rouvrir qu’à 17 heures, on a trouvé des fontaines pour remplir nos bidons, des forêts pour abriter nos nuits et nous garantir une tranquillité indispensable (Deena a une tente jaune, ça ne simplifie pas
les choses). On a fait des étapes pas démentes en distance mais accumulé des dénivelées déraisonnables qui nous ont mis les jambes en vrac. Toutes les nuits sous tente, calmes, sauf la dernière où nous avons eu droit à un sons et lumières bien assez long et fort arrosé. Nous étions dans la pinède, le sol absorbait.
Et nous voici rendues en ce dimanche 19 avril, à Teruel, la ville des tours, où nous profitons d’un bon lit, d’une bonne douche, de prises de courant, avant d’aller explorer les “Montanas Vacias”, le parc naturel des sources du Tage… La bourgade de Teruel offre un centre ville touristique très intéressant, avec multitudes de tours d’inspirations artistiques variées. En effet, ici, cohabitaient en bonne entente des Musulmans, des Juifs et des Chrétiens et toutes ces communautés , avec leurs savoir-faires respectifs, ont laissé leur empreinte dans l’architecture. Et puis on trouve aussi quelques bâtiments modernes comme à Barcelone, tout en courbes. Teruel est une jolie halte, surtout quand l’aprem est encore orageux.
Pour la suite, ce sont encore des grosses bosses en perspective. Sinon, les paysages en ce printemps sont verts et fleuris, le colza est jaune encore cette année, les automobilistes espagnols sont particulièrement civilisés sur la route avec nous autres cyclistes très lents et parfois guidonnant, les Pyrénées encore très enneigées très bas en altitude ( mais je ne les vois plus d’où nous sommes). Voilà, 10 jours déjà, 10 bivouacs d'affilée, tous dans de bonnes conditions, au calme. Et ma foi la mer n’est pas très loin à vol d’oiseau, mais nous ne sommes pas des oiseaux…
Tchuss !
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Départ imminent...
Bonjour à tous,
Rentrée d'un voyage de deux mois et demi au Maroc et à vélo le 26 novembre 2025, je skiais dès le lendemain dans la vaste forêt derrière chez moi. Le 27 donc. Alors que la dernière séance de skating ne remonte qu'à hier, 6 avril, je repars à vélo demain, le 8, en direction de la péninsule ibérique et pour deux mois. L'Espagne pour être plus précise. Malgré une saison perso et pro bien bien chargée, j'ai tout de même trouvé le temps, par-ci par-là, de démonter pièce par pièce mon biclou afin de lui offrir un vrai nettoyage et une belle révision. J'ai changé quelques pièces. C'est que la bestiole commence à avoir quelques heures de vol, plusieurs dizaines de milliers de kilomètres au compteur dans des conditions pas toujours faciles, alors ça valait bien un bichonnage en profondeur.
Je prends le train jusqu'à Perpignan où je passerai une nuit à l'auberge de jeunesse qui semble fort sympathique et je prendrai la route à vélo dès le lendemain matin. Deux mois : de quoi descendre par les petites routes et bons chemins de l'intérieur jusque vers l'Andalousie, en passant autant que faire se peut par les montagnes, si possible éviter les régions trop plates ou trop urbanisées, les côtes trop touristiques, les zones recouvertes de serres agricoles. A part avoir longé la côte atlantique dans son intégralité à vélo en 2014, avoir passé une journée à Barcelone et un peu pas mal divagué dans les montagnes pyrénéennes, je n'ai jamais mis les pieds sur "La piel de Toro". Voilà une bonne occasion pour réactiver mes connaissances de la langue de Cervantes que je n'ai pas parlé sérieusement depuis 2018... j'ai mis dans ma sacoche de cockpit un dico français-espagnol !
Une personne que je ne connais pas du tout doit me rejoindre à partir de mi-avril pour tenter un bout de chemin ensemble.
Zéro kilomètre dans les jambes, zéro kilomètre sur la selle... Bref... Je parviens de plus en plus à faire des départs sans prévision, j'y vois un bon signe de lâcher prise. J'ai tout de même préparé un tant soit peu un itinéraire pour ne pas avoir à y passer trop de temps en cours de route et acheté une carte routière indéchirable de l'Espagne.
Voilà, j'aurai de nouveau des engagements à partir du 5 juin, ça laisse deux petits mois, ça filera vite !

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